Un des projets les plus intéressants et difficiles à Ervy, c’est l’irrigation, indispensable si l’on veut développer un potentiel de production potagère.
Nous avons un puits (à droite sur la photo), que j’avais imaginé utiliser pour alimenter un bassin tampon, duquel l’eau s’écoulerait par gravité vers les petits légumes frétillants et reconnaissants de cette bienfaisance quotidienne.
J’étais très ingénu. Nous avons tiré parti de cette longue sécheresse pour mesurer la capacité de notre puits à se régénérer. Étant situé sur une nappe phréatique, du moins le supposais-je, il nous distribuerait ses largesses au fur et à mesure que nous les puiserions, de façon illimitée autant que généreuse.
Que nenni. Après une mesure à 40cm, niveau déjà très en-dessous de la normale, nous avons tiré 180 litres d’eau, puis constaté 27 cm.
Pas de problème, pensai-je, il suffisait d’attendre un peu pour retrouver le niveau initial. Mais après une heure, puis un jour, puis les jours suivants, le puits ne se remplit pas. Point de nappe phréatique bienfaisante. Tout au plus une cuvette imperméable, agissant comme un réservoir, au bon vouloir des précipitations en l’occurrence cruellement manquantes.
Ce qui est déjà pas mal, mais ne suffit pas en cas de sécheresse, estivale ou non.
Alors quoi ?
L’eau du robinet, bien sûr, mais si venait un rationnement ? Où un prix prohibitif ?
Pas d’autre solution que de récupérer les eaux de pluies, quand celle-ci sont abondantes, et en faire un stockage longue durée. L’hiver, je prends ; l’été, je restitue.
La première question qui vient à l’esprit, c’est quel volume peut-on récupérer ? Si la surface horizontale de toiture est de 65m2, que la hauteur annuelle de précipitations espérée est de 60cm, il devrait donc infailliblement tomber sur notre toit un peu moins de 40m3 chaque année.
Faudra-t-il tout stocker ? Une cuve de cette taille est une construction respectable. Où faut-il l’implanter ? Ne pourrait-on pas se contenter de la moitié, quitte à prévoir une extension ?
De combien a-t-on besoin ? Un système d’aspersion nécessite énormément. Un micro-arrosage serait bien moins gourmand, mais comment le mettre en place ? Quel système utiliser ?
Comme on peut le voir, les questions sont nombreuses.
Si certains parmi vous ont déjà réfléchi ou expérimenté ou même simplement observé, nous sommes preneurs de vos réflexions, témoignages, suggestions.
Je crois que c’est un sujet vieux comme l’agriculture, et nous n’en sommes qu’au début.